Une Américaine plaide coupable pour avoir fracassé la tête d’une musulmane voilée avec un verre de bière

Indéfendable, Jodie Burchard-Risch, 40 ans, a plaidé coupable lundi dernier devant le juge du tribunal du comté d’Anoka, dans l’Etat du Minnesota, en évitant de croiser le regard anxieux de sa victime, Asma Mohamed Jama, 38 ans, qu’elle n’avait pas revue depuis ce jour d’octobre 2015, tristement mémorable, où elle libéra ses pires pulsions contre elle.

Le visage défiguré de Asma Mohamed Jama a nécessité 17 points de suture 

Placée devant la réalité accablante de l’agression qu’elle a commise, cette citoyenne américaine de Minneapolis a préféré négocier un plaidoyer de culpabilité, reconnaissant être sortie de ses gonds en voyant la jeune femme voilée s’attabler dans le restaurant Applebee’s, où elle était en train de déjeuner avec son mari.

Bouillonnant de rage jusqu’à l’implosion, elle n’a pas supporté d’entendre Asma Mohamed Jama converser avec ses proches qui l’accompagnaient, en l’occurrence un cousin et ses deux enfants, dans une autre langue que l’anglais : le swahili, sa langue maternelle.

Ni une ni deux, Jodie Burachard-Rish a alors saisi un grand verre de bière et s’est ruée vers la table voisine pour le briser avec une brutalité inouïe sur la tête de la malheureuse Asma Mohamed Jama. Celle-ci, ignorant que sa présence avait à ce point indisposé son assaillante, n’a rien pu faire pour se protéger de sa fureur. Elle s’est écroulée, le visage en sang, sous les yeux impuissants et terrifiés de sa famille.

Le personnel du restaurant, alerté par le bruit fracassant de la scène, s’est précipité pour mettre hors d’état de nuire cette cliente hors d’elle, avant que cela ne tourne au drame.

« Je craignais de la revoir, j’étais très nerveuse à cette perspective, mais il fallait que j’en passe par là. Je pense que chaque victime doit ressentir la même chose au moment d’être à nouveau confrontée à son agresseur dans un tribunal », a confié Asma Mohamed Jama, en rappelant qu’il aura fallu pas moins de 17 points de suture pour fermer ses plaies profondes, en tout cas les plus visibles, les séquelles psychologiques restant enfouies en elle, indélébiles.

« Au moins, elle a reconnu sa culpabilité et la gravité des faits. Même si elle n’a pas utilisé le terme de crime de haine, elle a admis que c’était une agression à caractère raciste », a-t-elle ajouté, en disant éprouver un certain soulagement.

Jodie Burchard-Rish encourt une peine d’emprisonnement d’une durée de 180 jours et cinq ans de probation. Le tribunal rendra son verdict au mois de décembre.

Oumma

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