« Les Algériens doivent avoir un accès libre à leur histoire », Edwy Plenel, écrivain et journaliste

« Les Algériens doivent avoir un accès libre à leur histoire », Edwy Plenel, écrivain et journaliste

Le journaliste et écrivain Edwy Plenel a réitéré ce mardi 1 novembre son appel à la France de reconnaître ses crimes coloniaux en Algérie. Invité de la Rédaction de la Chaîne III de la Radio algérienne, où il a présenté quelques-uns de ses ouvrages, le président et cofondateur de Mediapart, a exhorté les autorités françaises à reconnaître leurs crimes afin de « ne pas répéter les drames » et à restituer les archives aux Algériens.

Edwy Plenel intervenait en marge du Salon international du livre d’Alger (SILA). Lors de cet entretien, il a d’abord pointé du doigt la responsabilité des pays occidentaux dans « le désordre mondial », affirmant qu' »aucune nation ne doit dicter son sort à une autre ».

Il a condamné les interventions militaires occidentales, ces « mensonges d’Etat, devenus des « mensonges médiatiques » derrière, selon lui, les attentats terroristes en Europe.

Le journaliste n’a pas manqué non plus de condamner l’intervention militaire de la France en Libye, la qualifiant de « guerre privée ».

Interrogé sur la stigmatisation des musulmans en France, Edwy Plenel a dénoncé des politiciens « en quête de bouc émissaires », soucieux de « faire oublier la question sociale ». « On ethnicise, on met du religieux pour faire oublier les ouvriers et les opprimés qui réclament simplement de la dignité et de l’égalité », a-t-il déclaré.

Il a dans ce sens appelé à faire preuve de solidarité avec les minorités, prônant pour ce faire la pluralité dans le vivre-ensemble et non pas le repli sur soi. Il évoque alors l’Algérie, qui « a du penser dans son chemin à la pluralité de son peuple », citant son histoire arabe et son peuple berbère, entre autres.

Les Algériens doivent avoir un accès libre à leur histoire

En parlant de l’Algérie, le cofondateur de MediaPart a ensuite appelé, une fois de plus, la France à reconnaître ses crimes coloniaux. Il a souligné la nécessité de les reconnaître « pour ne pas répéter les drames ».

« Il ne s’agit pas de s’excuser, mais de reconnaître, admettre que la France a fait des tragédies », insiste-t-il. « Moi je regrette que nos dirigeants politique ne viennent pas ici à Alger dire : Oui la colonisation était une erreur. Oui elle a créé des drames, mais au même temps elle a crée les liens qui permettent que je viens le dire », a-t-il déclaré.

Il a également affirmé la nécessité de restituer les archives sur la colonisation française aux Algériens, pour « la vérité et la réconciliation ». « Il faut que toutes les archives soient mises sur table, y compris celles qui dérangent, celles qui font mal. Il faut que les historiens, français et algériens, puissent y avoir accès », a-t-il rajouté.

« Le peuple algérien aujourd’hui doit avoir un accès libre à son histoire. Nous savons par exemple que Abane Ramdane a été assassiné par les siens. Il faut le dire, le vivre et l’accepter ».

L’écrivain a par la suite appelé à cesser « toute concurrence de victimes », cette « guerre des mémoires » et cette « hiérarchie des crimes » pour pouvoir les « reconnaître et inventer un chemin nouveau ».

« Ce n’est pas juger ou faire de la morale mais inventer une nouvelle histoire, qui ne répète pas les crimes, ces tragédies et ne répète pas les drames », a-t-il conclu.

 |  Par Mehdi Alioui

 

 
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