Ce café qui menace la santé de millions d’Algériens

Qui ne se souvient pas de la grande pénurie durant laquelle les boîtes de café se vendaient sous le comptoir et en ouvrant le précieux paquet, c’est un cocktail de produits « pois chiche, orge et sucre » qui apparaît avec les grains du cafetier ?

Pendant un moment, les Algériens croyaient que cette période de la triche est révolue à jamais, mais depuis quelque temps, tout le monde parle de ce café moulu qui contient du sucre et du caramel. Les gens croyaient que c’est un agissement illégal pratiqué par certains barons qui veulent s’enrichir par tous les moyens même aux dépens de la santé des concitoyens en bafouant les lois de la république, mais d’après le quotidien arabophone El Djazair El youm ces personnes agissent bien dans la légalité, sauf qu’ils n’appliquent pas la loi à la lettre.

Le ministère du Commerce tire la sonnette d’alarme sur les dangers de certains additifs du café. Trop d’abus de la part de certaines torrefacteurs indélicats ont été observés.

Alors le gouvernement a promulgué dernièrement un décret régissant la fabrication et la commercialisation du café portant notamment sur la diminution du taux du sucre dans le produit dénommé « Torrefacto ».

Une source du ministère du Commerce a déclaré à l’APS que ce texte a vu le jour suite à une enquête de ses services qui a révélé plusieurs irrégularités, dont le non-respect du taux du sucre autorisé à additionner à ce produit. Et dorénavant, avec l’arrivée de la nouvelle législation, le taux de sucre ou de caramel à additionner sera réduit de 3% au maximum autorisés au lieu des 5% autorisés jusque-là.

Le nouveau texte autorise aussi l’adjonction d’autres ingrédients au café à condition que le produit obtenu ne porte pas le nom « café » sur l’emballage.

Dans le même décret, le gouvernement exige aussi le respect du taux d’acrylamide, cette substance chimique toxique et cancérogène. En dépit du risque, les fabricants n’hésitent pas à torréfier le café en même temps que le sucre, une méthode qui produit cette substance dangereuse. Les torrefacteurs et autres intervenants dans le processus de transformation du café doivent se conformer aux dispositions de ce décret dans un délai de six mois à compter de sa date de publication au Journal officiel.

Tout ce brouhaha et ces légiférations ne restera que de l’encre sur papier qui ne protégera en aucun cas le vulnérable citoyen pour deux raisons :

Primo : les textes ne sont que rarement ou pas du tout appliqués à cause du non-suivi et de l’absence de la répression des infractions contre ces riches intouchables. La preuve, il y a quelques mois, le ministre du Commerce Bekhti Belaib a avoué son impuissance face un importateur.

Secundo : ce genre d’actions ne peuvent nullement aboutir, car elles ne sont pas fondées sur la réalité de la société algérienne. Rein que pour ce « Torrefacto », il reste un produit inconnu chez l’écrasante majorité des citoyens, pour eux c’est du café moulu et rien d’autre. Les citoyens n’ont pas encore cette culture de lire les composants du produit acheté comme sous d’autres cieux et les commerçants le vendent comme du café tout court.

N’est-il pas utile d’interdire tout simplement toute cette chakchouka (ratatouille) pour faciliter et protéger la vie de l’Algérien ? Mais là c’est toucher à de gros intérêts que nos autorités ne sont pas disposées à faire en ces temps d’incertitudes, et ce, même au risque d’atteinte massive à la santé publique.

Source : Lematindz/ Rachid Mouaci

 

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