Une mère de famille décide de marcher d’Oran à Alger

Une mère de famille décide de marcher d’Oran à Alger

“Je ne demande ni logement ni argent. Tout ce que je veux, c’est que l’on sauve la vie de ma fille, que les autorités du pays lui accordent une prise en charge pour se faire opérer du cœur. Il n’y a que la vie de ma fille qui m’importe, comment lui refuse-t-on les soins ?” C’est par ces mots lâchés, sans colère, mais pleins d’émotion, entrecoupés de larmes qu’elle tente de retenir, qu’une mère de famille nous interpelle pour donner de la voix à sa quête pour sauver la vie de sa petite fille de 11 ans, souffrant d’une malformation congénitale cardiaque et qui doit subir une intervention chirurgicale en urgence.

Hier matin, la mère, Bent El-Hadj, se trouvait au niveau du rond-point El-Bahia, afin d’entamer son périple de 400 km, celui du désespoir, d’Oran à Alger à pied, à quelques jours du Ramadhan. Rien n’est pratiquement programmé dans sa démarche. “Je compte sur la générosité et la bonté des Algériens qui pourront m’héberger le soir, je n’ai trouvé aucune solution à ma situation, c’est une honte pour les responsables de ce pays qui m’ont fermé toutes les portes et que j’en sois réduite à marcher pour les interpeller et leur demander de soigner mon enfant”, nous raconte encore la mère de Wissal.

Cette histoire qui va se poursuivre sur le bitume de l’autoroute Ouest-Est est celle d’une mère de famille qui résidait en Libye, où son enfant subira une première intervention chirurgicale grâce à une équipe de chirurgiens italiens. Ces derniers lui avaient expliqué qu’une seconde opération, à l’âge de 10 ans, serait indispensable pour qu’elle puisse vivre.

Mais entre-temps, la guerre en Libye éclate, obligeant la famille de Wissal à rentrer au pays. Depuis sa réinstallation dans l’ouest du pays, Bent El-Hadj a tout tenté pour que la petite Wissal soit prise en charge. Une aventure qui se heurtera à l’incapacité des structures de santé, à l’inexistence de plateaux techniques pour ce type d’intervention… La mère a poursuivi ses démarches en allant à Alger, frappant aux portes des ministères et demander une prise en charge médicale pour l’étranger. En vain.

Le ministère de la Santé ne fera rien. Les portes restent fermées pour une enfant de 11 ans qui risque de perdre la vie. La Laddh (aile de Me Dabouz) du bureau d’Oran, dans une déclaration, a dénoncé la non-prise en charge de la petite Wissal qui pousse sa mère à “entreprendre cette marche qui lui semble être le seul moyen pour attirer l’aide des structures officielles, au risque de lui être fatale soit à elle, soit à sa fille puisqu’elle ne pourra pas être à ses côtés”, lit-on dans le document. Il est fait appel encore aux citoyens pour leur demander de se solidariser en interpellant le ministre de la Santé, ancien wali d’Oran, et la ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition féminine par le biais de courriers.

Liberte-algerie

 

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