Arabie Saoudite/ Cheb Khaled pour consacrer la fin du wahhabisme

Cheb Khaled va animer un concert à Djeddah, dans le royaume jusque-là très fermé des Saoud, le 14 décembre prochain. L’évènement peut paraître anodin; mais en réalité, il s’agit d’une véritable révolution dans un pays où le conservatisme se confond avec la religion et l’exercice du pouvoir.

Serait-ce le début de la fin de l’idéologie du “haram” ? Tout porte à le croire. Jusqu’à récemment, il était inenvisageable qu’un artiste comme Cheb Khaled se produise sur une scène en Arabie Saoudite. Pour les Wahhabites, la musique est illicite d’un point de vue religieux. Les chanteurs sont même considérés comme de véritables disciples du diable.

Pourtant, les choses évoluent à pas de géant dans ce pays qui a vu, en l’espace six mois, des réformes sociales profondes. Le prince héritier, Mohamed Ben Salman, a commencé par s’accaparer de leviers importants, à commencer par la très puissante institution religieuse, en passant par les institutions de l’État et les médias lourds. Objectif : imposer son modèle. Le prince veut une Arabie plus laïque, affranchie du poids insoutenable du conservatisme religieux qui a fait de son pays un exemple d’obscurantisme.

Ainsi, plusieurs artistes venus d’horizons divers animeront des concerts dans les grandes villes du royaume en décembre. Une grande première. Aux côtés de Cheb Khaled, on notera la présence du chanteur grec Yanni et bien d’autres.

Sur les réseaux sociaux saoudiens, des voix s’élèvent contre cette initiative. Les arguments mis en avant sont bien sûr d’ordre religieux. «C’est une atteinte à la foi musulmane», affirment la majorité des détracteurs de cette initiative.

A vrai dire, la démarche du prince n’est pas dénuée de danger. Le langage utilisé pour critiquer les réformes est très violent. Pourtant, Mohamed ben Salman est déterminé à projeter son pays dans la modernité. Le défi ne se résume pas seulement à faire de l’Arabie un pays ouvert, mais à le rendre attractif.

Le royaume ne vivait jusque-là que de la rente pétrolière et le recul des recettes le contraint à revoir sa copie. Il faut que le pays attire des investisseurs étrangers. Mais il faut aussi qu’il devienne une destination touristique alléchante , à l’instar de l’émirat de Dubaï. La survie de la monarchie en dépend.

Massinissa Mansour /Algerie-focus

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