Huile d’olive : Les prix au plus haut cette année

Cédée à une fourchette variant entre 600 et 700 dinars, l’année dernière, elle est déjà vendue à 800 dinars dans certaines huileries.

Les opérations de trituration de l’olive suivent la tendance haussière des autres produits. Ainsi, les propriétaires des huileries ont annoncé l’augmentation des tarifs de trituration. Cette année, transformer ses olives en huile coûtera plus cher. Des propriétaires d’huileries interrogés hier faisaient savoir que la trituration sera facturée à 800 dinars pour un quintal.
Interrogés sur les raisons qui les ont poussés à décider de cette mesure, nos interlocuteurs évoquent plusieurs facteurs relatifs essentiellement à la hausse des prix de plusieurs produits en relation directe avec le prix de revient. Toutefois, ces derniers tenaient à faire savoir qu’ils font face à plusieurs difficultés de nature différente. La filière reste anarchique malgré les efforts consentis pour son organisation.
Au chapitre des prix, il convient de noter que cette hausse des prix de la trituration aura sans nul doute une incidence sur le prix de vente de l’huile d’olive de Kabylie. Cédée à une fourchette variant entre 600 et 700 dinars, l’année dernière, il est déjà vendu à 800 dinars hier dans plusieurs huileries. Ce prix, ajoute nos interlocuteurs, risquent de connaître une nouvelle augmentation. Les opérations de trituration ne font que commencer à travers les quatre coins de la wilaya de Tizi-Ouzou. Les huileries sont à pied d’oeuvre, mais les prévisions ne sont pas encore bien établies. D’autres facteurs influent aussi sur les prix.
En effet, les propriétaires des huileries rencontrent énormément de difficultés à trouver des travailleurs étant donné que l’offre de travail est saisonnière. Les jeunes ne sont pas intéressés par ce genre d’emploi qui ne garantit pas un salaire stable et continu. C’est pourquoi, chaque saison qui passe, la recherche de travailleurs devient de plus en plus ardue. La qualification est un domaine dans lequel il ne subsiste plus d’espoir de trouver l’oiseau rare.
Par ailleurs, même si les efforts de la direction des services agricoles commencent à donner des fruits, il n’en demeure pas moins que le passage à l’exportation est très difficile. La nature de l’oliveraie locale et les modes de récolte encore traditionnels ne permettent pas de hisser la production aux normes de commercialisation sur les circuits commerciaux internationaux.
L’huile d’olive produite dans les huileries ne répond pas aux normes et standards établis par le Conseil oléicole international.
Et, ce ne sont pas les campagnes de sensibilisation qui font défaut. Bien au contraire, elles sont très nombreuses durant toute l’année. Mais celles-ci font face à des résistances d’ordre sociologique. Dans la région, les oliveraies ne sont pas plantées avec des plans établis sur des étendues «larges et carrées». L’oliveraie locale pousse où les graines d’oléastres ont été déposées par les étourneaux.
Le propriétaire de la parcelle n’a qu’à greffer l’arbrisseau, appelé l’oléastre, pour transformer l’huile sauvage en huile d’olive. En plus de cette spontanée culture, l’oliveraie locale subit logiquement l’autre spécificité locale, le caractère escarpé et montagneux du terrain.
C’est donc une toute autre sociologie qu’il faudra faire naître pour faire évoluer la culture de l’olive et développer le créneau. Mais avant cela, les ménages devront faire d’autres concessions en acceptant encore une autre augmentation du prix, celle du litre d’huile d’olive. Cette année, ce noble produit coûtera plus de 800 dinars.

 
Related articles
[fbcomments url="http://peadig.com/wordpress-plugins/facebook-comments/" count="off" num="3" countmsg="wonderful comments!"]