Fellag va-t-il suivre le chemin d’Idir et donner un spectacle en Algérie ?

Le succès du retour d’Idir va-t-il convaincre d’autres artistes d’expression amazighe à revenir en Algérie ? L’un des artistes les plus attendus, c’est sans nul doute le comédien Mohamed Fellag. Ce dernier n’a pas donné de spectacle en Algérie depuis 1993 et son dernier spectacle « Babor l’Australie ». C’est pourtant Alger qui lui a donné la notoriété et la célébrité.

C’est des planches du Petit théâtre de l’OREF, que Fellag s’est fait connaitre du grand public, avec son premier spectacle Coktail Khorotov en 1989, juste après les évènements d’octobre 88 et l’ouverture au pluralisme politique, puis SOS Labes en 1990. C’est après un attentat à la bombe dans le parking de l’Oref où se tenait son spectacle Babor l’Australie et l’assassinat de plusieurs de ses amis artistes et intellectuels qu’il a quitté l’Algérie

Fellag a d’abord fait carrière en Tunisie, avant d’obtenir son visa pour s’installer définitivement en France, coupant tous les liens avec l’Algérie. Fellag qui a grandi dans le paysage théâtral et cinématographique algérien a tourné la page de l’Algérie. Il a même été directeur du théâtre de Bejaia en 1993.

 

On l’a aperçu dans les films : Hassan Nya de Ghaouti Bendadouche en 1983, De hollywood à Tamanrasset de Mohamed Zemmoui, en 1990, avant de multiplier les rôles dans des films français : en 1998 dans Le Gone du Chaâba de Christophe Ruggia, en 2001 dans : Inch’Allah dimanche de Yamina Benguigui, en 2005 dans Voisins, voisines de Malik Chibane, en  2007 dans : L’Ennemi intime de Florent Emilio Siri, en 2010 dans: Il reste du jambon ? D’Anne De Petrini,  en 2010: dans Dernier étage, gauche, gauche d’Angelo Cianci, en 2011: Monsieur Lazhar du canadien Philippe Falardeau, et en 2012 dans : Ce que le jour doit à la nuit de Alexandre Arcady, dans le rôle de Mohamed, un responsable du MNA. Certains de ses films ont été présentés à Alger, mais il a toujours refusé de faire la promotion en Algérie. Même si chaque été, il descend à village natal à Azzefoun et assiste à quelques fêtes familiales, il refuse toute collaboration avec le milieu artistique national, préférant organiser tous ses spectacles en France. Malgré ses critiques contre le pouvoir et parfois contre la société, Fellag a sa place toujours aussi grande dans le pays.

Un espoir avait retenti quand les éditions Editions Izem pro avaient sorti officiellement les DVD de tous ses spectacles en 2005. Mais c’était seulement un leurre. C’est justement Belaïd Djermane, le patron d’Izem Pro qui est éditeur d’Idir qui avait convaincu ce dernier de revenir en Algérie après 40 ans d’absence. Cela fait également 25 ans que Fellag n’a pas donné  de spectacle en Algérie. Un pays qui a retrouvé sa paix et sa sécurité et qui a même poussé certains humoristes d’origine algérienne à présenter leur spectacle en Algérie. C’est le cas notamment de Nawel Madani qui se produira ce soir à l’opéra d’Alger avec une pensée particulière pour Fellag, qui joue actuellement son dernier spectacle Bled Runner à Paris

Salim Bey / Dia-algerie

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